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2 articles extraits de "1er MAI Infos "au sujet de la canicule et des morts de l'été

TRAVAILLER PLUS POUR SAUVER LES VIEUX: UN MARCHE DE DUPES

DECODAGE, LES MORTS DE L'ETE: LE MENSONGE EN MORALE D'ETAT.

 

TRAVAILLER PLUS POUR SAUVER LES VIEUX:
UN MARCHE DE DUPES

Article extrait de 1er MAI Infos- n°166 octobre 2003

C'est le grand sujet du moment : êtes-vous pour ou contre la suppression d'un jour férié au profit des personnes âgées ? Autre aspect de cette question : la multiplication des commissions d'enquête et rapports de tout poil sur les effets de la canicule et les dysfonctionnements (de ce qui reste) du service public de santé.

Cet habillage publicitaire du vrai problème des conditions de vie des personnes âgées dans notre société ne doit pas cacher la réalité et la vraie justification des mesures proposées.

La réalité, la voici : c'est le gouvernement Raffarin qui a supprimé l'aide aux personnes âgées. C'est le gouvernement Raffarin qui supprime le remboursement par la Sécurité sociale de médicaments de plus en plus nombreux. C'est le gouvernement Raffarin (après celui de Jospin) qui persiste dans le démantèlement de la santé publique (suppression de lits, fermetures de services...). C'est le gouvernement Raffarin qui plonge les retraités et futurs retraités dans la misère. C'est le gouvernement Raffarin qui refuse de relever les retraites à un niveau suffisant pour vivre et se soigner.

Il serait intéressant qu'une commission d'enquête étudie les effets de ces mesures dans la population âgée. Ce ne serait pas la canicule (certes exceptionnelle, mais dont on a déjà connu des périodes similaires) que l'on accuserait de tous les maux. Rendons à César ce qui lui appartient : c'est le gouvernement Raffarin avec ses mesures iniques qui a contribué à l'hécatombe de cet été 2003. Quand on n'a pas d'argent, on ne se soigne plus, on ne sort plus, on ne mange plus, on ne vit plus et on meurt.

Quant à 1a suppression d'un jour férié, si tout un chacun y va de sa larme à l'il devant une telle générosité, personne n'a encore été capable d'expliquer par quelle opération, sous l'autorité de qui, serait calculé le montant à verser par chaque patron pour les richesses produites ce jour-là, ni comment ces sommes seraient reversées à l'Etat, (quant à savoir si elles arriveraient aux personnes âgées , souvenez-vous de la vignette automobile !). Pense-t-on laisser aux patrons le soin de calculer eux-mêmes ce qu'ils vont verser ? Autant mettre les vieux en rang à la porte des entreprises et leur faire tendre la main, le résultat sera plus sûr. Cette mesure annoncée cache les déréglementations à venir : c'est la revanche bête et méchante du MEDEF sur les 35 h, c'est le premier coin enfoncé pour la suppression de tous les jours fériés, et le retour à une durée journalière ou hebdomadaire du travail soumise à l'arbitraire et au bon vouloir des patrons.

Halte aux mesures iniques de ce gouvernement. Résister, c'est déjà ne plus subir. S'opposer à ces mesures, c'est prendre le parti d'une vie possible pour tous. Et travailler sans être payé, ce sera toujours accroître les profits de l'entreprise sans bénéfice pour les travailleurs qu'ils soient en activité ou en retraite.

Non, les salariés ne sont pas les dernières des brutes, incapables de se soucier du sort de leurs anciens. Ce sont eux qui ont construit les systèmes de protections collectives que le gouvernement Raffarin Chirac s'acharne à détruire. Et bien au contraire, en se défendant pied à pied, ils rendent possible la vie de tous, en empêchant que les conditions de vie continuent à se dégrader, et même en les faisant s'améliorer.

Non, les salariés ne veulent pas travailler gratuitement pour les patrons, pour les profits : ils veulent leur part des richesses qu'ils créent, parce qu'ils ont droit à la vie, au travail comme à la retraite.

Soyons fermes et inébranlables : Nous n'avons pas honte de dire non à cette arnaque déguisée en charité. Nous sommes fiers de lutter pour une vraie solidarité nationale.

Et si, pour financer l'aide aux personnes âgées, on se tournait du coté des égoïstes spéculateurs ? Et si on parlait plutôt de donner tous les profits spéculatifs d'une journée de Bourse pour venir en aide aux personnes âgées ?

 

DECODAGE, LES MORTS DE L'ETE: LE MENSONGE EN MORALE D'ETAT.

Article extrait de 1er MAI Infos- n°166 octobre 2003

Les victimes de l'été mettent en accusation un modèle d'organisation de la société. Celui qui sacrifie les vies humaines à la recherche effrénée du profit. C'est cette condamnation du capitalisme que les vampires de Matignon veulent à tout prix éviter. Ils sont prêts pour cela à tordre le cou à la réalité. Ils déploient des trésors de duplicité pour nous empêcher de choisir un autre type de société plus respectueuse de la vie humaine.

Le rapport sur les conséquences de la canicule fait état de plus de 15000 morts. Du jamais vu, si on rapporte ce chiffre à la journée, cela fait plus de 700 morts par jour !

Ce gouvernement fait tout pour faire croire qu'il s'agit d'une énième catastrophe naturelle, sur laquelle on ne peut que s'émouvoir et se sacrifier.

Pour dégager leur responsabilité, ils ont usé d'arguments cyniques avec à chaque fois la volonté de nous culpabiliser. Devant le scandale de ces milliers de victimes, le Président Chirac et tout le gouvernement Raffarin, ont voulu rendre coupables les victimes elles-mêmes.

Les habillages mensongers :

Mensonge N°1. Les victimes ne sont que des personnes âgées.

Ils veulent que l'on croit que les victimes n'étaient que des personnes âgées dont certaines avaient plus de 100 ans et qu'elles allaient mourir de toute façon. Ils font silence total sur les victimes jeunes qui sont mortes au travail (restauration, bâtiment) et qui ne seront pas recensées.

On ne touchera pas au conditions de travail meurtrières !

Mensonge N°2. C'est l'organisation de l'hôpital qui a tué.

"La solitude et le manque de solidarité ont tué plus que la canicule" (Ministre de la Santé).

Depuis les années 70, sous couvert de moderniser la France, les politiques économiques successives ont conduit à l'éclatement des familles. Des pans entiers de l'économie ont disparu au nom de la restructuration : charbon, sidérurgie, chantiers navals, les hommes et les femmes ont du s'exiler vers les agglomérations urbaines pour chercher à vivre, loin de leurs parents et grands-parents. Les campagnes se sont désertifiées. Sous Raffarin, ce sont, selon l'INSEE, 60 000 emplois qui ont été supprimés pour sauver le capital depuis le mois de janvier 2003. Ils voudraient nous faire croire que cela n'a aucune incidence sur la vie des gens ? Depuis les années 80, on a assisté à l'éparpillement des horaires de travail, à la flexibilité, au travail en flux tendu, aux heures supplémentaires, au retour du travail de nuit des femmes, à une politique continue d'écrasement des salaires et à toutes les formes de précarités possibles. Ce sont ces conditions de vie qui ont fait éclater les solidarités familiales et sociales parce qu'elles sont plus dures pour tous et toutes. Le patronat n'a   de cesse d'individualiser les conditions de travail pour briser les solidarités au travail.

Les victimes de l'été mettent en accusation un modèle d'organisation de la société : celui qui sacrifie les vies humaines à la recherche effrénée du profit.

L'organisation de la société imposée par le capitalisme ne sera pas remise en cause !

Mensonge N°3. C'est la faute des hospitaliers.

Si le service public de santé a répondu présent, on ne peut pas s'étonner qu'il n'ait pas pu répondre en temps réels aux demandes après avoir supprimé depuis les années 80 plus de 50 000 lits qui "étaient en trop" nous disaient-ils, et qui font cruellement défaut aujourd'hui. Le personnel dans ces secteurs ne part en vacances que parce que l'on ferme des lits l'été faute de financement suffisant pour le remplacer. Après avoir fermé les écoles d'infirmières, on s'est aperçu qu'il en manquait et que ce serait encore pire demain ! Là, encore, on voudrait nous faire croire que les politiques successives de réductions budgétaires dans la santé, de non-remboursementt de médicaments, d'impositions de quotas de soins libéraux, sont sans conséquences pour la population !

La liquidation du Service public ne sera pas remise en cause !

Mensonge N°4. Toutes les personnes âgées ont été touchées sans distinction de richesse. C'est la faute aux structures d'accueil des personnes âgées dépendantes qui sont mal équipées.

Il faut rappeler que le forfait hébergement dans les structures d'accueil des personnes âgées est financé directement par les résidents ou leurs familles, que les aides à la personne sont dérisoires en France et que l'aide aux personnes âgées (A.P.A.) a été démolie. Avec ça, les plus riches s'en sont forcément mieux sortis que les personnes seules et sans ressources, c'est une évidence.

Aucun remède ne sera apporté à l'inégalité des fortunes.

Nous voyons aujourd'hui le prix à payer et les conséquences de décennies de mesures libérales prises au nom de la rentabilité du capital.

Nous voyons aussi que cette colossale campagne de communication-propagande vise à nous refuser le droit de choisir notre avenir.

 

 

 

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