Le Quotidien du Peuple -organe central du Parti Communiste Révolutionnaire marxiste-léniniste -n°812 -vendredi 15 décembre 1978 -

Déclaration du PCRml et du PCML sur le Vietnam

Durant de nombreuses années, les militants marxistes-léninistes en France ont soutenu de toutes leurs forces la lutte du peuple vietnamien, ainsi que celles des peuples du Cambodge et du Laos, contre l'agression américaine. En un temps où les dirigeants soviétiques, suivis de ceux du PCF, niaient la possibilité pour un peuple du Tiers-Monde de remporter la victoire sur une grande puissance impérialiste, les marxistes-léninistes affirmaient leur certitude dans la victoire du Vietnam contre l'agresseur, en dépit de la supériorité en matériel de celui-ci. C'est donc avec une immense joie qu'ils ont accueilli la victoire du peuple vietnamien, comme celles des peuples du Cambodge et du Laos.

Mais trois ans après, l'actuelle direction du Vietnam, que nous ne saurions confondre avec le peuple de ce pays, trahit et foule aux pieds les idéaux pour lesquels il a combattu et pour lesquels nous avons soutenu ce combat. Ce sont les mêmes raisons qui, hier, nous ont fait soutenir le peuple vietnamien et qui, aujourd'hui, nous font dénoncer et combattre la politique suivie par le gouvernement actuel du Vietnam.

Le peuple vietnamien a combattu contre la misère et l'oppression. Loin de permettre de surmonter les conséquences de l'agression américaine et des calamités naturelles, l'actuelle politique se solde par la famine pour le peuple et par la persécution. Les mesures chauvines et racistes prises en particulier à l'égard des ressortissants chinois, sous couvert de collectivisation, rappellent celles des gouvernements fascistes d'hier. Des centaines de milliers d'ouvriers, de paysans, de simples gens, résidant au Vietnam depuis de nombreuses années, qui, en très grand nombre, ont participé activement à la lutte contre l'agression US, ont été privés de tout moyen de subsistance, chassés de leurs villages. Nombre d'entre eux ont été jetés en prison, tués, contraints à l'exode, notamment vers la Chine. Pendant ce temps, des profiteurs s'engraissent de la misère du peuple: la corruption est élevée au rang d'une véritable institution.

Le peuple vietnamien a combattu pour être maître de son destin, pour être indépendant. Mais l'actuelle direction vietnamienne a fortement accru ses liens de dépendance vis-à-vis de l'impérialisme soviétique. Le Vietnam fait désormais partie du COMECON. Au nom de la "division internationale du travail" chère à Moscou, le Vietnam qui a besoin de céréales pour nourrir son peuple, est contraint de produire du thé, du cacao, du café, qui sont exportés en URSS en échange de vieilles machines et surtout d'armements modernes.

Le traité militaire soviéto-vietnamien a officialisé le remplacement des bases militaires américaines par des bases soviétiques. Les livraisons massives d'armements, y compris les plus sophistiqués, la présence massive de conseillers militaires soviétiques, sont destinés à menacer et agresser les voisins du Vietnam. Les dirigeants vietnamiens servent la politique d'expansion de l'URSS.

Le peuple du Vietnam a combattu avec le soutien et dans l'unité avec la Chine. Mais aujourd'hui, la direction vietnamienne désigne la Chine comme l'ennemi numéro un, se livre à des incursions et à des agressions en territoire chinois. A plusieurs reprises, des Chinois ont été tués par des soldats vietnamiens, sur le territoire chinois. Il est clair que cette politique aventuriste et agressive est encouragée par Moscou. Les actuels dirigeants vietnamiens ont trahi l'esprit du testament du président Ho Chi Minh, qui n'avait jamais cessé d'oeuvrer à l'amitié entre les peuples des deux pays.

Le peuple du Vietnam avait combattu dans la solidarité avec les peuples du Laos et du Cambodge. Maintenant, la direction vietnamienne a lancé son armée dans une agression contre le Cambodge: nul n'ignore désormais que les combats ont lieu sur le sol de ce pays. Plus de 100 000 soldats sont engagés dans cette agression. Les avions soviétiques survolent le territoire du Kampuchéa démocratique. Les agresseurs vietnamiens n'ont pas hésité à recourir à l'emploi de gaz toxiques, destinés à tuer la population, comme le faisaient hier les Américains. Afin de camoufler leur agression, les dirigeants vietnamiens ont mis sur pied dernièrement un soi-disant "Front uni national du Kampuchéa pour le salut national", afin de faire croire à un soulèvement de masse. On sait que les Soviétiques sont experts dans ce genre de manoeuvres et que c'est en faisant état d'un appel de prétendus "patriotes tchécoslovaques" qu'ils ont tenté de camoufler leur agression contre la Tchécoslovaquie dont la direction vietnamienne vient d'ailleurs de célébrer le 10e anniversaire avec un éclat tout particulier.

Fort de son bon droit, défendant son indépendance, sous la direction du Parti communiste, pratiquant la guerre populaire, le peuple du Kampuchéa fait face à cette agression de grande ampleur. Comme il a su hier, mettre en échec l'agression américaine, il saura mettre en échec l'agression vietnamienne, appuyée par Moscou. D'ores et déjà, il a fait échouer plusieurs offensives. C'est toujours au nom des mêmes principes que nous soutenons aujourd'hui la résistance du peuple du Kampuchéa face à l'agression.

Alors que, dans les années 60, les dirigeants du PCF faisaient observer une minute de silence pour Kennedy, qui avait intensifié alors l'intervention américaine au Vietnam, alors qu'en 1967, par exemple, avec la protection de la police, ils avaient organisé une agression contre un meeting marxiste-léniniste de soutien au peuple vietnamien, aujourd'hui, ils voudraient détourner le prestige légitime dont jouit le peuple du Vietnam grâce à ses luttes passées, au profit de la politique criminelle suivie par la direction vietnamienne actuelle. En agissant ainsi, ils démontrent une fois de plus que, dans la pratique, ils approuvent l'essentiel de la politique étrangère de l'URSS, politique d'agression et d'expansion.

Le PCR ml et le PCML appellent leurs militants, les anti-impérialistes authentiques, à faire connaître la vérité sur la politique de la direction actuelle du Vietnam, à dénoncer l'expansion en Asie du Sud-Est de l'URSS, à soutenir le Kampuchéa démocratique dans sa juste guerre contre l'agression.

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