Arthur CHAVE ( 1922 - 1979 )

Un livre de Suzanne Bernard lui est consacré RENCONTRE AVEC UN PAYSAN FRANCAIS RÉVOLUTIONNAIRE

 

-Le pays où est né et à lutté Arthur Chave, son Parti, lui ont rendu hommage.......page 1

-Entrechaux (Vaucluse) : Emouvante cérémonie de deuil pour notre camarade Arthur......page 3

-Jacques Jurquet, secrétaire général du Parti, prononce au nom du Comité central l'hommage funèbre..... page 3


sur la page 1 de La Faucille n°81 -jeudi 12 avril 1979-

Le pays où est né et à lutté Arthur Chave,
son Parti, lui ont rendu hommage

Plusieurs centaines de personnes sont venues à Entrechaux, près de Vaison-la-Romaine dans le Vaucluse, samedi matin, rendre un ultime hommage à notre camarade Arthur Chave décédé jeudi matin à la suite d'une crise cardiaque à l'âge de 57 ans. Arthur, comme ses proches l'appelaient, petit paysan, était de ces personnes que l'on ne peut oublier.

Ancien résistant contre l'occupant nazi, militant communiste depuis cette époque, militant de notre parti depuis 1965, Arthur avait marqué tous ceux qui l'avait approché par sa grande modestie, son enthousiasme militant, son amour de la terre, des hommes et de son pays, sa fidélité aux idéaux pour lesquels il avait consacré l'essentiel de sa vie militante, son ardeur de convaincre et d'unir.

Son décès subit constitue pour tous ses proches, toute sa famille et tous ses camarades une lourde perte, et il n'est pas étonnant qu'une foule aussi nombreuse soit venue samedi 7 avril l'accompagner jusqu'à sa dernière demeure.



sur la page 3 de La Faucille n°81 -jeudi 12 avril 1979-

-Entrechaux (Vaucluse) :
Emouvante cérémonie de deuil pour notre camarade Arthur

.....Samedi matin, des dizaines de personnes sont devant la maison familiale ; sa famille est là au grand complet , ses voisins, ses camarades de cellule et de la région, ainsi que la délégation du Comité central, dont Jacques Jurquet, secrétaire général, Alain Castan et Lucien Nouveau, venue adresser ses condoléances à la famille d'Arthur. Des dizaines d'autres personnes attendent aussi sur la place du village.
..... Arthur ne voulait pas de couronnes pour son enterrement, des dizaines furent apportées spontanément.
..Vers onze heures, un long cortège s'ébranla de la place du village en direction du petit cimetière communal. En tête, trois drapeaux rouges frappés de la faucille et du marteau, le symbole de l'union des ouvriers et des paysans pour laquelle Arthur avait consacré sa vie.
..... Arrivé au cimetière, sous un soleil de printemps et la voix porté par un léger mistral, Jacques Jurquet prononça l'hommage du Parti à notre regretté camarade (voir ci-contre).
..... Parmi la foule émue, rassemblée autour du cercueil, on notait la présence de nombreux anciens résistants, de compagnons de maquis. Une délégation de militants locaux du PCF était également présente pour saluer la mémoire d'Arthur.
..... Arthur n'est plus, et notre chagrin est immense. Mais depuis qu'il avait rejoint notre parti, d'autres paysans sont venus le rejoindre, toujours plus nombreux, d'autres viendront encore, si bien que son combat de toute une vie pour un monde meilleur, socialiste, ne sera pas vain. Sa mémoire restera au fond de notre cur comme la lumière de l'espoir.

L.N.



sur la page 3 de La Faucille n°81 -jeudi 12 avril 1979-

Jacques Jurquet, secrétaire général du Parti, prononce au nom du Comité central l'hommage funèbre

..... Arthur Chave, notre camarade, tu n'es plus.
..... Et je ne sais comment surmonter l'émotion pour t'adresser, de la part de tous les camarades communistes et au nom du Comité central de ton Parti, de notre parti communiste marxiste-léniniste, l'ultime message de fraternité, l'ultime salut rempli d'affection et de chaleur humaine qui te sont dûs.
..... Mais devant ta dépouille, n'employons pas de grandes formules. Tu parlais simple, parce que tu étais simple et modeste. Laissons donc parler simplement notre cur, suivant en cela l'exemple que tu as donné pendant toute ta vie.
..... Issu d'une famille de paysans pauvres, tu es toujours resté fidèles à tes origines. A seize ans, pendant le Front Populaire, tu avais adhéré aux Jeunesses socialistes, ce qui constituait à l'époque dans les campagnes une prise de position avancées et courageuse.
..... Puis, ont soufflé trop fort et plus tragiquement que le plus violent mistral de Provence, la guerre , l'occupation et le fascisme. Alors, après avoir refusé de te soumettre au Service du travail obligatoire ordonné par les nazis, tu as rejoins la Résistance. Bien que tu aies horreur de la guerre, tu as participé à la guerre parce qu'il fallait rejeter le fascisme et l'occupant étranger. Tu as rejoint en même temps les FTP et le Parti communiste français qui s'étaient portés à la tête du combat populaire patriotique. Tu es devenu l'un de ces soldats sans uniforme qui ont pourtant contribué à la Libération de notre pays, tu as consenti en tant que tel de grands sacrifices et tu as été blessé au combat.
..... Ensuite, comme tous les fondateurs de notre propre Parti, tu as donné toutes tes forces physiques et intellectuelles aux luttes de notre peuple qu'impulsait le Parti communiste français et, comme nous tous, tu l'as fait avec un total désintéressement, une sincérité absolue, un dévouement inlassable.
..... Arthur, tu étais unitaire. Tu militais avec ardeur et patience pour l'unité des petits paysans et des ouvriers agricoles, pour l'unité des travailleurs des campagnes et des ouvriers des villes, y compris bien sûr les ouvriers immigrés, nos frères, pour l'unité de tous les communistes aspirant sincèrement à une société débarrassée de l'exploitation de l'homme par l'homme.
..... Vis-à-vis des militants de ton ancien Parti, malgré les méthodes dont tu avais eu à souffrir dans les années soixante, et que nous condamnons, tu restais fraternel dans un juste désir d'unité à la base de tous les travailleurs. Ces derniers temps, n'avais-tu pas ressenti une vive affliction à l'occasion du décès d'un jeune militant du PCF de Vaison fauché par la maladie en pleine jeunesse ?
Jusqu'au moment où tu as commencé à ressentir le déchirement de désaccords à propos de la guerre d'Algérie, à propos des méthodes de direction non démocratiques, à propos des formes de lutte, et enfin, à propos des exclusives lancées contre le Parti communiste chinois et la Chine populaire. Tu es resté fidèle à toi-même et à l'idéal révolutionnaire de ta jeunesse. Et de ce fait, tu as été écarté du Parti communiste français, dont tu refusais les nouvelles orientations. Tu as rejoint les rangs des militants inflexiblement attachés au marxisme et au léninisme. Depuis lors, tu as participé à toutes les initiatives qui ont abouti en décembre 1967 à la fondation du nouveau Parti communiste, notre Parti communiste marxiste-léniniste de France.
..... Mais ton activité militante s'ajoutait à ta dure vie de travailleur de la terre et l'absence de repos et le surmenage ont contribué à l'usure prématurée de ta santé. Tu savais que tu pouvais nous quitter, quitter ta famille, mais tu ne baissais pas les bras.
..... Tes qualités de militants communistes étaient indissociables de tes qualités humaines. Arthur, tu étais modeste. Souvent, tu te sous-estimais toi-même et déclarais en riant : " Je suis un âne ! ". Mais, camarade, comme nous voudrions compter dans nos rangs des milliers d'hommes comme toi !
..... Arthur, tu étais désintéressé, bon et généreux. Combien de camarades et d'amis ont reçu chez toi et dans ta famille une hospitalité sans réserve qui manifestait les meilleures traditions de notre peuple.
..... Arthur, ton parler ne cessait jamais de prouver ton bon sens et ta sagesse, indissociables de ton amour de la terre, de la nature, des êtres humains, de la vie, et pourquoi ne pas le dire, des simples bêtes comme tes chiens.
..... Arthur, jamais tu ne te déchargeais de tes responsabilités sur d'autres camarades, au contraire, tu avais tendance à assumer les erreurs des autres, en vue de contribuer à les corriger.
..... Arthur, tu étais un militant optimiste, ayant une confiance inébranlable dans l'avenir. Tu ne te laissais jamais abattre. Même isolé, tu n'abandonnais pas la lutte.
Pendant combien d'années, les habitants de Vaison et de la région t'ont-ils vu diffuser, seul, sur le marché, opiniâtrement, la presse de notre Parti, l'Humanité rouge aujourd'hui.
..... Voilà quelques raisons, incomplètes d'ailleurs, pour lesquelles, Arthur Chave, tu resteras vivant dans le cur de toutes celles et de tous ceux qui t'ont connu. Voilà pourquoi ta vie restera un exemple impérissable pour tous nos camarades, pour toutes les générations nouvelles de communistes, de révolutionnaires.
..... Nous savons qu'à 15 000 kilomètres d'ici, quand ils apprendront ton départ, les camarades de la grande Chine socialiste qui t'avaient reçu fin 1977, partageront très sincèrement et très profondément notre chagrin.
..... Ta vie, qui a été en partie racontée dans un livre de notre amie, Suzanne Bernard, ta vie restera l'exemple de la vie d'un paysan révolutionnaire, d'un militant communiste.
..... Au nom du comité central du Parti marxiste-léniniste et de tous ses adhérents, ouvriers, paysans et intellectuels français et immigrés, je présente à tous les membres de ta famille l'expression de condoléances profondément émues et fraternelles.
..... Mais dans nos curs, tu restes indéfectiblement présent. Dans toutes nos luttes et actions, tu demeureras l'un des exemples les plus éminents, les plus exaltants.
..... Ton parti, camarade Arthur Chave, le Parti communiste marxiste-léniniste s'incline devant toi et salue ta mémoire avec le plus profond respect.
..... Camarade Arthur, nous te serrons sur nos curs de communistes.

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