FRONT ROUGE n°158 -29 mai 1975- hebdomadaire
organe central du
Parti Communiste Révolutionnaire (m.l.)
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La démocratie musclée à l'oeuvre en RFA

    Le 23 mai a commencé en RFA le procès du groupe Baader Meinhof. Pour la tenue de ce procès, la justice allemande a fait construire spécialement un blockhaus entouré, de barbelés, dont l'entrée est surveillée en permanence par des dizaines de policiers, protégé par un filet anti-bombe aérienne : une dépense de 2 milliards d'anciens francs pour le seul bâtiment. Seuls les journalistes " accrédités " et fichés y sont admis après une fouille de plus de 2 h.
    En prison depuis 1972, les accusés ont été soumis a un régime exceptionnellement inhumain. Maintenus dans un isolement complet, avec de la lumière nuit et jour, ils ont mené une grève de la faim pour protester contre ces conditions qui menaçaient leur vie et leur équilibre mental. L'un d'entre eux est mort des suites de cette grève.
    Nous n'approuvons aucunement la pratique de ce groupe, anarchiste, mais il faut bien voir que ce qui est en jeu dans ce procès, c'est le renforcement de tout l'appareil policier, juridique, de l'impérialisme ouest-allemand.

LA RFA SOCIAL DEMOCRATE, UNE DEMOCRATIE MUSCLEE.

    Pour le procès du groupe de Baader, on a réformé hâtivement le code de procédure pénale. Les entrevues entre les accusés et les avocats pour préparer la défense sont désormais surveillées par un juge ; les défenseurs peuvent être rejetés par la cour, pour complicité avec leurs clients ; les audiences peuvent se dérouler en dehors de la présence des accusés. Ainsi, avant même l'ouverture du procès, la plupart des avocats avaient été récusés. " Il n'y plus qu'à remplacer le président par un général, de la Bundeswehr et ses assesseurs par d'autres officiers. Ensuite on pourra fermer boutique " a dit un des avocats. Pour instant le procès a été reporté.
    Ces modifications de la procédure pénale s'inscrivent dans un ensemble de mesures qui montrent ce qu'est la réalité de la " démocratie bourgeoise " en RFA.
    Ainsi les fonctionnaires doivent être fidèles à la constitution, sinon ils sont exclus. Un décret de 1972 exclut de la fonction publique tous ceux qui affichent les opinions ou appartiennent à des organisations " marxistes ou anarchistes     ".
    Touts les ouvrages qui " incitent à la violence " et surtout la littérature révolutionnaire sont interdits.
    On sait par ailleurs la législation allemande sur les immigrés a servi de modèle à la circulaire Fontanet.
    La " démocratie " allemande est un exemple où les partis bourgeois peuvent se disputer " démocratiquement " l'exercice du pouvoir tandis que les travailleurs sont soumis à la dictature ouverte.

UN EXEMPLE POUR PONIATOWSKI ?

    " La République fédérale est une démocratie dont la Constitution attend des citoyens une défense de l'ordre libéral et démocratique " affirme Benda, président du tribunal constitutionnel.
    Cette défense, c'est la chasse aux " sorcières " dans l'administration, le renforcement de la répression au mépris même des libertés bourgeoises traditionnelles.
    C'est un exemple qui intéresse beaucoup Giscard, grand ami de Schmidt, et son collègue Poniatowski. Derrière la façade pseudo-libérale du gouvernement Giscard, c'est l'intensification de la répression contre la classe ouvrière : opérations " coup de poing " qui visent à habituer la population aux quadrillages policiers, éloges de la brigade anti-gangs, patrouilles permanentes dans le métro, expulsions des grévistes des usines occupées. Poniatowski appelle à dénoncer les fonctionnaires qui " font de le politique ". Et Lecanuet réforme à sa façon la procédure pénale.
    Le renforcement de la dictature bourgeoise en Allemagne trouve un terrain propice avec dans l'appareil d'état des éléments élevés, formés par l'idéologie nazie, dont beaucoup en furent des défenseurs zélés. Dans notre pays, les traditions démocratiques bourgeoises sont plus implantées et tes tentatives de durcissement de la domination bourgeoise se heurtent inévitablement à des résistances importantes. Mais si aujourd'hui la processus de durcissement de la dictature bourgeoise en France est loin d'être aussi engagé qu'en Allemagne, les travailleurs doivent exercer leur vigilance.

 

MANIFESTATIONS CONTRE
LA VENUE DU CHAH A PARIS

    Pour dénoncer l'emprisonnement de 45.000 détenus politiques en Iran, pour dénoncer la torture dans les geôles du Chah, pour dénoncer l'intervention des troupes iraniennes en Oman et le gendarme du Golfe, pour dénoncer le régime intérieur fasciste d'Iran et soutenir la lutte du peuple iranien, notre Parti a organisé, avec le mouvement anti-impérialiste des Comités Indochine Palestine, des manifestations lors de la réception du Chah par Giscard le 20 mai. Des militants anti-impérialistes iraniens et étrangers ont participé à ces interventions.
    Simultanément à la gare de l'Est et à la gare St Lazare des interventions massives se sont déroulées avec distribution de tracts, panneaux, prises de paroles. Des discussions ont pu ainsi s'engager avec les travailleurs qui prenaient le train, sur les revendications des pays du Tiers-Monde et les crimes du Chah.
    Une manifestation s'est ensuite déroulée dans les quartiers populaires de Barbés, la Goutte d'Or, la Chapelle et Stalingrad, dénonçant le bourreau du peuple iranien et appelant au meeting organisé le 21 mai par l'Union des Etudiants Iraniens en France avec le soutien de plusieurs organisations françaises dont le PCR (ml) et les CIP. Ce meeting militant s'est tenu avec succès et a permis de renforcer les liens de solidarité entre les peuples de France et d'Iran.
    Ces diverses formes d'intervention ont permis de populariser la lutte du peuple iranien et d'accueillir le bourreau de ce peuple comme il le mérite.

Halte aux tentatives de
liquidation de la
résistance palestinienne au Liban !

    Vendredi 23 mai, Soleiman Frangié, président de la République libanaise, annonçait la constitution d'un nouveau gouvernement, composé essentiellement de militaires (7 sur les 8 ministres), pour se débarrasser de toute responsabilité au Liban. Cette décision soulevait aussitôt la condamnation de toutes les organisations démocratiques et progressistes au Liban. Seuls les phalangistes de Pierre Gémayel, bandes fascistes puissamment organisées et armées, laissaient éclater leur joie dans Beyrouth.

    Depuis des mois, les phalangistes montaient provocation sur provocation. En avril, ils avaient massacré plus de 150 Palestiniens. A Ain Rumaneh, ils avaient mitraillé, faisant 27 morts, un autobus transportant des Palestiniens qui revenaient d'un pèlerinage à la mémoire des Résistants tombés au cours d'opérations en territoire occupé. Cette fois, c'est principalement au camp de Tel Azaatar, au nord-est de Beyrouth, regroupant 6000 Palestiniens, qu'ils se sont attaqués. La presse bourgeoise d'ici parle de règlements de comptes. Voyons plutôt la réalité : le camp palestinien a été bombardé au mortier et au canon de campagne 75 mm, à partir de 3 quartiers industriels qui l'entourent. La clinique, des ambulances du camp ont été touchés. Il y a une cinquantaine de tués, beaucoup plus de blessés encore. La réalité, c'est que ces attaques sauvages font partie d'un plan monté au service des sionistes : après les massacres d'avril, les ministres phalangistes ont donné leur démission, ce qui a rapidement provoqué l'éclatement du gouvernement. Mais ces manúuvres avaient un autre but, la remise en cause des accords libano-palestiniens de 1969, qui préservent un minimum de droits au Palestiniens vivant au Liban. C'est pendant les tentatives du président pour mettre sur pied une nouvelle équipe gouvernementale que les fascistes ont lancé leur attaque barrant les routes autour du camp, arrêtant les passants, les fouillant, armés de mitraillettes.
    Selon la gauche libanaise, "
certains secteurs étaient impliqués dans les opérations des phalanges, de manière à préparer l'avènement des militaires au pouvoir. " La Résistance palestinienne dénonce ce " scénario mis en place depuis des mois ". Ce n'est pas le premier coup des fascistes : en 73, ils avaient massacré 200 Palestiniens ; l'an dernier, ils avaient " exécuté " des dizaines de Palestiniens. A chaque fois, l'armée libanaise s'était bien gardée d'intervenir.
    Mais la bourgeoisie libanaise est prise entre deux feux : sa volonté de liquider fa résistance palestinienne ne fait pas de doute. II n'y a qu'à voir l'attitude parfaitement passive qu'elle a face à toutes les agressions sionistes dans le Sud. Mais elle est contrainte à une certaine prudence : d'une part, le Liban ne peut, économiquement, vivre coupé du reste des pays arabes qui ne manqueraient pas, sous la pression des masses, de couper les ponts, si il s'avisait de suivre l'exemple du bourreau Hussein. Déjà, l'Algérie et la Syrie ont envoyé des messages de soutien à la Résistance. D'autre part, chaque tentative fasciste ou sioniste, loin de diviser le peuple libanais et les Palestiniens, a, au contraire, renforcé leur adhésion commune à la cause de la Résistance, contre ses liquidateurs. A Beyrouth, Tripoli et Saïda, c'était Jeudi la grève générale, pour marquer précisément le quarantième jour depuis le massacre d'Ain Rumaneh. Cette fois encore, la mobilisation des masses arabes, libanaises et palestiniennes feront échec à ces manúuvres. Dimanche soir on parlait déjà de la démission de ce nouveau gouvernement militaire devant la colère des masses car les attaques des fascistes continuent ; la grève générale se poursuit.

Lundi matin-26-5-75


LES COMBATTANTS PALESTINIENS FRAPPENT LES SIONISTES DANS TOUS LES TERRITOIRES OCCUPES

GHAZA : " Des commandos palestiniens opérant à partir des territoires occupés ont anéanti, mardi 20, une unité sioniste ". Les Fedayin ont détruit une section de la voie ferrée entre Rafah et Khan Younes, au sud de la bande de Ghaza. Alors qu'une unité sioniste essayait de les encercler, elle a été attaquée par surprise à l'aide d'armes automatiques et de grenades à main.

TEL AVIV : des commandos ont atteint des usines et entrepôts militaires à Ramat Hashron. L'ennemi a eu des centaines de blessés. Toute la région a été évacuée.

EL QODS : trois véhicules de l'ennemi ont été détruits et plusieurs autres endommagés à la suite de l'explosion de charges incendiaires dans un parc situé au niveau du boulevard " Yechivan Tatjoutout " au centre d'EI Qods.

BAR QUIRA : (ouest d'EI Qods). Les Fedayin ont fait dérailler un train. Plusieurs soldats sionistes tués ou blessés. Toujours à El Qods, malgré d'étroites mesures de sécurité, les révolutionnaires palestiniens ont réussi à placer des charges explosives dans plusieurs magasins (9 mai).

RAMALLAH : un autobus israélien incendié (10 mai).

NEGUEV : l'usine de fabrication de verre " Yerdtam " a été presque entièrement détruite, lundi 9 mai, par des charges explosives placées par les Fedayin. La verrerie était l'une des principales sources d'approvisionnement en verre d'Israël. Le feu s'est déclaré dans la zone industrielle de Mrah. Les pompiers ont mis plus de 4 heures pour venir à bout de l'incendie.

(D'après Wafa - agence de presse de l'OFP)

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